Terre des Hommes – Délégation du Doubs
Pour le droit à vivre dignes

Site de la délégation départementale du Doubs (DD25) de l’ONG Terre des Hommes France

Qu’est-ce que le développement durable ?

Denis Clerc
Économiste

Article mis en ligne le 12 mai 2020

par Denis Clerc
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Denis Clerc

Je suis économiste [1]. C’est donc en économiste que je répondrai à cette question. Mais, avant d’y répondre, j’aimerais faire un petit retour en arrière sur les « Objectifs du millénaire pour le développement », qui, en 2000, ont précédé ceux du développement durable. Centrés sur les seuls pays en développement, ils étaient particulièrement ambitieux, puisqu’il s’agissait, entre 2000 et 2015, d’atteindre huit objectifs essentiels, dont le premier – et le plus important, car conditionnant largement les autres, visait à éradiquer l’extrême pauvreté.

Les OMD ont amélioré la situation sociale, mais sont loin d’avoir éradiqué la pauvreté extrême

La question des indicateurs

En 2000, on entendait par « extrême pauvreté » le fait qu’une personne doive (sur)vivre avec moins de 1,25 dollar par jour, soit avec moins de 35 € par mois.

En fait, ce chiffre est exprimé en « parité de pouvoir d’achat » (PPA). En effet, dans les pays pauvres, avec un euro on peut acheter bien plus de biens de première nécessité (alimentation essentiellement) qu’on le pourrait en France, car les prix locaux sont bien moins élevés que chez nous, au moins pour les produits locaux. Grosso modo, ces 1,25 dollar/jour/personne correspondent à un pouvoir d’achat alimentaire deux fois plus élevé que chez nous, soit environ l’équivalent d’un pouvoir d’achat de 70 € par mois pour nous.

En outre, chez nous, nous ne raisonnons pas par personne, mais par « unité de consommation » (U.C.). En effet, vivre avec 2000 euros permet d’être à l’aise si je suis seul(e) dans mon logement. Mais si mon ménage comprend en outre deux enfants et un conjoint sans emploi, c’est la dèche. Aussi on divise l‘ensemble des revenus dont dispose le ménage (salaires, allocations familiales, allocation logement, etc.) non pas par le nombre de personnes, mais par celui d’UC : la première personne compte pour 1, chacune des suivantes pour 0,5 (ou 0,3 pour chaque enfant de moins de 14 ans), car il n’est pas nécessaire, dans un ménage de quatre personnes, d’avoir quatre compteurs électriques, quatre voitures, quatre réfrigérateurs, quatre fois plus de surface que pour une personne seule, etc. Le résultat est appelé « niveau de vie » : en 2000, le niveau de vie médian – moitié des habitants qui ont plus et moitié qui ont moins – est de 1700 €. En 2017, il s’agissait de 1500 € (en euros 2017, c’est-à-dire majorés de la hausse des prix observée entre 2000 et 2017 : de cette manière, on peut faire des comparaisons qui ne soient pas faussées).

Dans une famille composée de six enfants et de deux parents au Niger, vivre dans l’extrême pauvreté en 2000 signifiait disposer par mois (jardin familial inclus) d’un pouvoir d’achat familial inférieur à 570 € de chez nous, soit un niveau de vie mensuel de 170 à 125 €, selon l’âge des enfants. Soit un écart d’au moins un à dix, entre « eux » et « nous ». Car ce seuil de 1,25 $ par jour et par personne concernait au Niger plus de la moitié des habitants.

Pour compliquer un peu plus la situation, la Banque Mondiale (qui élabore ces statistiques à partir d’enquêtes de terrain) a modifié le seuil de la pauvreté extrême : il s’agit désormais de moins de 1,9 $ de 2011 (à peu près 2 €) en PPA.

Un pas en avant important mais échec en Afrique subsaharienne

Même avec ces nouvelles mesures, la proportion de personnes vivant dans la pauvreté extrême dans le monde est passée de 39 % (en 1984) à 10 % (en 2015). Même si les trois quarts du chemin ont été faits, il en reste beaucoup à faire lorsque l’on prend en compte le nombre de personnes concernées : 1,9 milliards en 1984 et 736 millions en 2015. C’est donc un pas en avant important qui a été effectué, et ceci bien que, entre-temps, la population mondiale ait progressé de trois milliards de personnes. Cependant, il faut nuancer : le pas en avant concerne peu l’Afrique subsaharienne, puisque celle-ci concentre désormais 56 % de la population mondiale vivant en dessous du seuil de pauvreté, contre 15 % en 1990. Il est clair que, pour l’Afrique, l’échec des OMD est patent, au moins en ce qui concerne le niveau de pauvreté.

https://atlasocio.com/cartes/economie/pauvrete/carte-monde-taux-de-pauvrete-en 2018_atlasocio.png

Or, dans une société mondialisée comme la nôtre, maintenir un foyer de faible développement massif, c’est lancer un appel à la migration en direction des pays à niveau de vie élevé. Ce qui produirait deux effets négatifs majeurs : pour les pays d’accueil, une exacerbation des tensions xénophobes, pour les pays d’origine, un appauvrissement de leur « capital humain ». Car il est clair que les migrations concernent surtout ceux qui en ont les moyens, tant financiers (le coût moyen est estimé à une fourchette de 3000 à 5000 euros par personne) que professionnels (diplômes, formation, expérience, facteurs facilitant l’insertion).

Ce qui se cache derrière le terme « développement durable » : le bon et le moins bon

L’exemple de la Chine

Pour les économistes, la messe est dite : le développement des pays pauvres ne peut passer que par la croissance économique. Le cas chinois est exemplaire : en quarante ans, ce pays a quasiment supprimé la pauvreté extrême (qui touchait en 1980 sans doute de l’ordre de 500 millions de personnes, contre moins de 40 millions aujourd’hui) et multiplié par 10 le niveau de vie médian. Le tout grâce à la croissance économique la plus forte jamais observée dans l’histoire : en moyenne +9 % par an, soit, en 40 ans, une multiplication de l’activité économique par 30 (par 18 par habitant, puisque, durant cette période, la population a augmenté de 400 millions d’habitants). La Chine est ainsi devenue l’atelier du monde et elle a impulsé une forte croissance de tous les pays voisins (Vietnam, Laos, Thaïlande, Birmanie, …).

Le bon, c’est que la croissance économique dans un pays initialement très pauvre a permis de réduire très fortement sa pauvreté. Le moins bon, c’est qu’une multiplication par 30 de l’activité économique se traduit aussi par une multiplication probablement similaire de ses besoins en énergie, en cuivre, en fer, en viande, en transports et communications … C’est d’ailleurs à cela que sert la croissance : produire plus pour consommer davantage de choses et de services divers.

Le moins bon, c’est aussi que l’atelier du monde a aspiré nombre d’activités dont les organisateurs ont vite compris qu’un ouvrier (et maintenant un ingénieur) chinois coûte nettement moins cher que son homologue français, britannique ou américain. Certes, la qualité est aussi moins bonne, mais, au fil du temps, elle s’est améliorée, ce qui a suscité un double flux. Un flux commercial de la Chine vers le reste du monde, et notamment l’Europe (le commerce international a progressé deux fois vite que l’activité économique mondiale entre 1990 et 2008), doublé d’un flux aérien de touristes. Et, dans l’autre sens, un flux de chômeurs dont les activités ont été transférées en Chine.

Pour dire les choses brièvement, les travailleurs (surtout de l’industrie) qui composaient la « classe moyenne » occidentale ont en partie perdu leur emploi, leurs revenus et leur position sociale, tandis que les ouvriers chinois ont trouvé des emplois dont les revenus leur permettent d’accéder à la classe moyenne mondiale. Il y a donc eu des perdants et des gagnants. Les gagnants ont contribué à une surexploitation de la planète, tandis que les perdants ont contribué à un accroissement des inégalités par le bas dans les pays concernés.

https://img.aws.la-croix.com/2017/12/14/1200899519/A-DjakartaIndonesie-grosses-inegalites-saffichent_0_728_486.jpg

Et les autres, dans tout cela ?

Les autres, cela signifie aussi bien les perdants (Europe/États-Unis) que les absents (les Africains).

Les occidentaux : les perdants.

Voyons déjà les « occidentaux ».

Pas grave, nous disent dirigeants politiques et économiques : suffit de faire ce qu’il faut pour que la croissance comble les pertes des uns (emplois, revenus) et améliore le patrimoine des autres. On faisait du 1 % par an et par personne, faisons du 2 %, voire du 3 %, et le problème sera réglé, grâce aux créations d’emplois (et aux retombées bénéfiques de la croissance chinoise et de ses ouvriers bon marché).

Sauf que l’environnement, qui ne se porte pas bien, va tousser encore davantage : 1 % de Produit intérieur brut (PIB, qui mesure l’activité économique de tous ceux qui travaillent et engendrent des revenus), c’est forcément 1 % de prélèvements supplémentaires et 1 % de rejets supplémentaires.

Le critique qui sommeille en vous bondit alors : « C’est faux, vous oubliez qu’il existe une croissance verte, vertueuse, qui recycle, produit des énergies renouvelables, et améliore les niveaux de vie et les rendements. »

Hélas, hélas, ce raisonnement est un bel exemple du « sophisme de composition » : ce qui est vrai à l’échelle individuelle (on dit « micro-économique ») est faux à l’échelle globale (on dit « macro-économique). Si je prends ma voiture pour aller au boulot, je gagne du temps, mais si tout le monde prend une voiture pour aller au boulot, on a droit à des concerts de klaxon pour essayer de désembouteiller.

Croissance et accroissement des inégalités 

La croissance, c’est la même chose : certes, l’ordinateur dont je me sers consomme de moins en moins d’électricité, mais il y en a de plus en plus, pour suivre à la fois l’évolution technique et le recours croissant à l’ordinateur pour toutes sortes de choses.

Ou alors, plus vicieux : celui qui a réussi à consommer dans l’année 1000 kwh de moins grâce aux ampoules LED verra sa facture d’électricité diminuer de 100 €, qu’il dépensera en vol « low cost » pour aller voir sa copine espagnole.

Si l’on produit plus, les revenus augmentent, donc les dépenses aussi, et donc la pression sur les matières premières, l’énergie augmente. Le prof fait le beau, puisque son boulot, au moins, est utile et ne nécessite que peu de matières premières ou d’énergie. Mais le même prof dépense, part en vacances, comme tout le monde, et consomme ainsi quantité de produits non renouvelables que la nature nous offre.

Société frugale et diminution des inégalités

La seule croissance qui ne dégrade pas la planète est la croissance zéro. Que celui qui n’achète pas de produit emballé de plastique ou n’en contenant pas lève le doigt. Personne n’est indemne, nous sommes tous des pollueurs, surtout ceux qui rêvent de gagner davantage pour – enfin – mener une vie décente ! La seule façon d’aider la planète, quand on vit dans une société « riche », c’est d’être plus frugal. Et pour cela, de réduire les inégalités.

Car ce sont les inégalités qui engendrent la course folle à une consommation croissante. Regardez les gamins dans la cour de la récré : celui qui porte les derniers « sneackers » (basket, « en français ») à la mode est le roi du pétrole. Ou dans la pub : celui qui arrive dans la cinquantaine sans avoir de Rolex, c’est un nul. Or, dans nos sociétés, les inégalités ont atteint des niveaux stratosphériques. Je ne prendrai qu’un exemple : l’homme le plus riche du monde (avant l’arrivée du coronavirus, mais ce dernier n’a sans doute pas beaucoup écorné sa fortune), c’est Bernard Arnault, avec un patrimoine de 103 milliards d’euros. On confond souvent millions et milliards. Un milliard, c’est mille millions. Si Bernard Arnault dépensait 1000 euros par jour, il lui faudrait … 270 000 ans pour venir à bout de sa fortune.... Et même s’il dépensait un million par jour (365 millions par an), son magot continuerait à grossir. Car il rapporte, surtout dans le luxe. Imaginons donc que sa rentabilité financière après impôts et hausse des prix soit de 1 % chaque année. Une misère, certes, mais génératrice d’un milliard d’euros en revenus annuels. Loin de se rétrécir, le patrimoine de notre homme grossira de … 665 millions la première année, de 671,5 millions l’année suivante, etc. Ces montants ne sont pas seulement indécents : ils sont destructeurs. Car il se trouvera forcément des gens prêts à tout pour imiter Arnault, gagner encore plus, toujours plus.

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Bref, ma conviction est double pour qu’une société soit durable :

  • il faut qu’elle soit frugale (adieu la croissance)
  • et, pour que la partie la moins favorisée de la population ne se sente pas délaissée et une fois de plus victime, il faut que les revenus et les patrimoines soient partagés de façon équitable, pour que les gens se sentent plus solidaires.

Et les Africains ?

Je ne les ai pas oubliés. Eux ont besoin de croissance, et d’une croissance qui ne soit pas captée par leurs dirigeants.

Car la leçon chinoise est essentielle : les habitants d’un pays pauvre s’arrachent à la pauvreté grâce à la création d’emplois correctement rémunérés. Le problème est que, en Afrique, l’expérience chinoise n’est pas duplicable (ou alors seulement par des pays isolés, comme l’Éthiopie, par exemple). Pour trois raisons :

  • D’abord parce que le développement de la Chine (et de l’Inde) a capté les industries européennes à la recherche d’une baisse de leurs coûts de production. Certes, on pourrait imaginer que les pays africains fassent de même et attirent vers eux les activités industrielles par des propositions moins-disantes : « chez nous, c’est encore moins cher qu’en Chine (ou qu’au Bengladesh). Sauf que les infrastructures et le capital humain nécessaires pour cette stratégie ne sont pas à la hauteur : Comment voulez-vous faire tourner une fabrique textile lorsque l’électricité est coupée de façon aléatoire moitié du temps ? Et comment organiser une activité efficiente lorsque les travailleurs sont analphabètes ?
  • Les investissements publics nécessaires ont été faits en Chine, mais pas en Afrique. Les pays africains ont été spécialisés (par les colonisateurs d’abord, par la mondialisation maintenant) dans des activités d’extraction de matières premières, pas dans celles de transformation. La Côte d’Ivoire (le nom même est révélateur) produit du cacao, mais le chocolat est suisse. Ces activités (dites de « rente », car appuyées sur les dons de la nature, pas sur la création de valeur ajoutée), si elles sont parfois positives (agriculture, mais à condition que l’on n’épuise pas les sols), reposent sur un pillage de la nature pour la plupart (activités extractives). Il faudrait donc trouver des formes de développement durables, répondant aux besoins des populations locales, pas à ceux de la mondialisation.
  • Ensuite parce que l’Europe n’a pas joué le rôle dynamisant que le Japon, puis la Chine, ont joué en Asie : l’essentiel de nos efforts a consisté à rentabiliser le plus possible des activités dont l’Europe avait besoin (ports, par exemple) en exploitant au maximum la main-d’œuvre et les ressources naturelles. Je n’insiste pas sur cet aspect des choses, mais nous portons une lourde responsabilité dans cette histoire, que ce soit celle de la « Françafrique » ou celle de l’apartheid.
  • Enfin – et surtout – parce que la fécondité africaine est en train de condamner le continent. Le taux de fécondité mesure le nombre moyen d’enfants qu’une femme met au monde au cours de sa vie féconde (15-45 ans). En France, ce taux est de 1,9 : c’est le taux le plus élevé de tout le continent européen. Pour qu’il y ait renouvellement à l’identique de la population, il faudrait 2,1 (du fait de la mortalité infantile ou de la stérilité de certaines femmes), mais l’immigration apporte le complément et même un peu plus. En Allemagne, en Italie ou en Espagne, le taux de fécondité est de l’ordre de 1,4 : à terme, sans immigration, la population de ces pays diminue. Partout dans le monde, les taux de fécondité tendent à se réduire, même dans les pays musulmans (il est de 2,8 en Algérie, 2,5 au Maroc, 2,1 au Bangladesh et en Turquie). On pensait qu’il en serait de même en Afrique subsaharienne. C’est vrai pour quelques pays (2,5 en Afrique du Sud, 2,8 au Botswana), mais la quasi-totalité des autres ont des taux de fécondité supérieurs à 4, et qui peuvent atteindre 7 (Niger). Si l’on suppose que les taux de fécondité et de mortalité infantile actuels resteront à l’avenir ce qu’ils sont aujourd’hui, un taux de fécondité de 5 aboutit à une multiplication de la population par 2 en 30 ans et par 4 en 45 ans [2]. Ils ont donc besoin d’une croissance économique équivalente pour simplement maintenir l’actuel niveau de vie par habitant. Et sans doute supérieure pour pouvoir scolariser et soigner cette population grandissante.
  • La réduction du taux de fécondité est un impératif : à défaut, les pays concernés ne pourront pas s’extirper de la pauvreté, tandis que la pression démographique risque fort de faire peser une pression environnementale croissante sur le continent. Mais, à l’inverse, l’observation montre une réduction des taux de fécondité quand un pays se développe (croissance économique) ET que les filles restent scolarisées après leur nubilité.
    Notre responsabilité est évidemment de faire en sorte que la croissance économique soit au rendez-vous dans ces pays. Ils en ont besoin, et nous aussi

2Une terre des hommes :
objectif moins de profit et davantage le bien commun
2

La conclusion est simple : le développement durable suppose un arrêt, voire une diminution, de la croissance économique dans les pays riches et une augmentation de cette même croissance dans les pays pauvres.

Dans les deux cas, cela ne pourra se réaliser que moyennant une forte réduction des inégalités au sein de chacun des pays.

En d’autres termes, la terre des hommes ne le deviendra vraiment que moyennant une transformation profonde de nos systèmes économiques et sociaux. Il est clair que, dans cette perspective, l’économie de marché, dont le moteur est, au contraire, la concurrence en vue d’un enrichissement croissant, devra mettre beaucoup d’eau dans son vin. Le capitalisme, s’il ne veut pas s’effondrer, devra se marier avec la social-démocratie, la fiscalité, l’environnement et se fixer comme objectif moins le profit et davantage le bien commun. Ce qui n’est pas gagné !

AMUSEZ-VOUS À CALCULER

Problème

Imaginons un pays dans lequel le taux de fécondité est de 5 : chaque femme, au cours de sa vie féconde (de 15 à 45 ans), met au monde 5 enfants.

En l’an 2020, ce pays compte 400 habitants : 100 pour la génération A1 (moins de15 ans), autant pour la génération B1 (15-30 ans) comme pour la génération C1 (30-45 ans) et la génération D1 (45-60 ans).

On suppose qu’il n’y a pas de mortalité pour ces 4 générations, mais que tous meurent à 60 ans : il n’y a donc pas de génération E.

Combien il y aura-t-il d’enfants en 2050 ?

Réponse :

En 2035, A1 (50 femmes de 15-30 ans) a engendré 125 enfants(A2) et B1 (50 femmes de 30-45 ans) autant (B2). Donc 250 enfants (A2 + B2).

En 2050, A1 (30-45 ans) a engendré 125 enfants et (A2+B2) 312. Soit 437 enfants (dont moitié de filles)

On peut continuer … En 30 ans, ce pays a vu le nombre des enfants de 0-15 ans multiplié par plus de 4 et celui de sa population par 2,2. En 45 ans, il y aura près de 9 fois plus d’enfants et 4 fois plus de population.

Question subsidiaire

Est-ce un problème imaginaire dans un pays imaginaire ? OUI / NON

Réponse :

NON ce n’est pas dans un pays imaginaire. Dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, le taux de fécondité est de 4,8 et 15 pays sont à 5 ou plus.

Dessin de Plantu

Notes :

[1NDLR : Denis Clerc, agrégé en sciences et techniques de gestion, en sciences économiques et sociales a été enseignant, économiste d’entreprises. Il a créé les revues Alternatives économiques puis L’économie politique. Il a publié de nombreux articles et ouvrages parmi lesquels : Déchiffrer l’économie, 19è édition entièrement mise à jour, Ed. La découverte, janvier 2020, Réduire la pauvreté, en collaboration avec Michel Dollé ed. Les petits matins, mars 2016.

[2Amusez-vous : en fin d’article, petit problème d’arithmétique.


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